Extraits du texte

Premier Coryphée

Vous qui écoutez d’une oreille distraite

Le chant du geai et celui de l’alouette.

Vous qui passez près d’une rose sans la sentir,

Vous qui préférez au présent votre avenir,

Vous qui ne cessez d’oublier que votre vie

Peut, à chaque instant, trouver son infini.

Il vous suffit de vraiment regarder pour voir.

Nul besoin de la science et de ses savoirs.

Derrière la tempête de vos esprits Se loge dans le calme un passé enfoui.

Il est l’héritage de tout être humain

Vous le croyez oublié mais il n’est pas loin.

Écoutez dans les profondeurs de votre être

Ce passé qui ne demande qu’à renaître.

Vous souvenez vous de cette histoire folle

D’un taureau blanc et d’une femme qui en raffole ?

(…)

Acte I, Scène 1, extraits.

Pasiphaé seule.

 

 

Pasiphaé

Ce jour est un très beau jour pour naître mon fils,

La présence d’Hélios réchauffe mon supplice.

Seul mon père, étoile étincelante,

Ose se montrer et me voir souffrante.

Je ne peux rien te cacher car tu vis en moi,

Tu connais ma peur, mon trouble et mon effroi.

À te sentir si lourd dans mon ventre de mère

Je crains tant que tu ressembles à ton père.

N’aurais tu pas deux pieds mais quatre sabots ?

Serait-il possible que tu ne sois pas beau ?

Ha mais j’ai encore l’espoir que les dieux

Me donneront un fils qui ravira nos yeux,

(…)

 

Acte I, Scène 2, extrait

Pasiphaé/Oenone

Oenone

Non Pasiphaé, je suis là.

Pasiphaé

C’est toi Oenone ? Je crois entendre sa voix.

Oenone

Calme toi car le roi a entendu tes cris

Et n’a pas supporté une telle barbarie.

Vous ne serez pas donnés en sacrifice,

À l’instant, il m’envoie mettre au monde ton fils.

Pasiphaé

Oenone ! Je meurs !

Oenone

Non ma reine, tu accouches

Ces mots ne doivent plus sortir de ta bouche.

Là-bas, ton mari inquiet écoute tes pleurs,

Et tous les dieux sont penchés sur ta douleur.

Ton père, pour toi, a retardé la nuit,

Et ton peuple frémit à chacun de tes cris.

Une foule silencieuse est aux portes,

Réunie pour voir le prince que tu portes.

Pasiphaé

Ils ne m’entendront pas, tes mains sur ma bouche !

Ils ne le verront pas, que mon père se couche !

Laissez moi expier ma faute sans témoin.

Je voudrais être sous terre, je voudrais être loin.

Donne moi ton bras, mes souffrances sont atroces.

J’ai si peur d’enfanter un monstre féroce.

(…)

 

 

Rédigé par les embarqués